Article que j’ai écrit il y a un petit moment
Cet article se présentera en deux parties. La première partie présente un bref historique du sujet pour montrer que ces problématiques ne sont pas nouvelles
Dans une seconde partie, pourquoi depuis deux ans maintenant, il y a une explosion du nombre de codes malveillants sur mobile.
Historique:
La problématique des malware mobile n’est pas nouvelle. En effet, le premier malware à grande échelle date de 2004 sous l’OS Symbian de Nokia
Ce malware au doux nom de Cabir a infecté des centaines de milliers de téléphone. Il se propageait par Bluetooth et par sms.
Il avait tendance à appeler des numéros surtaxés qui se traduisait pour ses victimes par des factures très salées. Lors des championnats d’Europe d’Helsinki;
Le malware se propagea dans l’ensemble du stade, obligeant les autorités à monter un stand de désinfection avec l’aide de l’éditeur d’antivirus F-Secure.
Ce code malveillant s’installait suite à une validation de l’utilisateur étant massivement sollicité par Téléphone. Le malware avait les mêmes droits d’exécution que l’utilisateur (tiens tiens ça me rappelle un peu ce qui se passe aujourd’hui…) et ne pouvait être supprimé simplement.
A la même époque, il existait des malwares qui se positionnait au niveau du bootloader (endroit qui load l’OS après le Bios)du téléphone et l’empêchait le démarrage correct du téléphone le rendant inutilisable. Je passe aussi la partie mouchard pour récuperer les carnets de contacts via bluetooth (a une époque le bluetooth était activé et actif par défaut) Comme on peut le constater, la problématique n’est pas nouvelle que ce soit en terme de modèle de sécurité ou de protection. Qu’a-t-on appris ? Pas grand chose malheureusement…
Pourquoi ai je pris cet exemple ? Outre le fait que c’est la première tentative d’infection massive, c’est la première fois dans la téléphonie mobile ou un système d’exploitation est massivement installé sur les appareils et exploité par un code malveillant
Une des difficultés majeures des développeurs de malware était l’hétérogénéité des systèmes d’exploitation dans ce domaine. On peut même parler de firmware (microcode ne servant qu’un nombre limité de fonctions non extensible) propriétaire. Il y avait autant de firmware dans la nature que de constructeur. Donc niveau portabilité on a vu mieux. Et développer un malware sur un des firmware demandait un reverse engering complet sur une plateforme et architecture matérielle plus qu’obscure (on est loin à cette époque des plateformes ARM).
C’est une des raisons pour laquelle Symbian a eu autant de succès dans le domaine des malwares car enfin un système d’exploitation massivement installé par Nokia qui a l’époque était le leader en téléphonie mobile.
Ce succès se répète de la même manière pour Android et l’IOS d’Apple. L’homogénéisation du système d’exploitation et des frameworks de développements pour les application facilitent la prolifération de malware sur ces deux plateformes, surtout sur Android. Des études montrent que sur la multiplier par 100 en une année, le nombre de code malveillant sur cette plateforme.
Une “démocratisation” des malware sur mobile en particulier sur Android:
Les raisons de cette démocratisation et l’augmentation des codes malveillants sont assez simples si on regarde les points suivants:
Tout d’abord, le noyaux d’Android est dérivé d’un kernel linux. Une Faille dans le kernel linux a beaucoup de chance de se retrouver dans le kernel android. De plus, il faut savoir qu’on trouve plus des failles liées au kernel sous Linux que sous Windows. Donc le kernel est bien plus vulnérable que ce qu’on veut bien laisser penser.
De plus, Android embarque des applications souvent vulnérable notamment flashplayer d’adobe et là c’est le drame…
Ensuite, la plateforme de développement Dalvik est très proche de Java (d’ailleurs ça vaut à Google quelques déboires juridiques avec Oracle), ce qui demande peu de technicité dans le développement des applications notamment dans celle de codes malveillants, “suffit” d’être un développeur Java un peu débrouillard
Il est possible d’installer des applications n’appartenant pas au Market de google.
Et pour finir ,au travers du Market, certains codes malveillants passent aux travers des mailles du filet mis en place par Google.
Sur l’IOS les choses sont un peu plus compliquées, car le modèle d’Apple est bien plus restrictif et les failles découvertes sont difficilement exploitables. Sur un téléphone non “jail breacké” il est impossible d’installer une application qui n’est pas du market de Apple. Et les contrôles du market sont bien plus draconiens que celui de Google (Signature électronique, calcul d’intégrité, scans massif des applications)
De plus sur certains aspects, les téléphones mobiles sont plus intéressants que les ordinateurs:
l’hyperconnectivité des objets (3G,WiFi,Bluetooth,USB…)
Les possibilités d’écoutes
Le types de données stockées: mails,agenda,contacts,données personnelles…
Le nombre d’objet dans la nature au regard de leurs succès commerciaux
Les vecteurs de dispersion de malware sont donc multiples et augmentent le succès de la propagation:
SMS
Mails
applications infectés
page web
USB sur les mobiles dont la carte SD est en masse storage
Les code QR qui redirigent sur des URL permettant d’installer des applications malveillantes
l’humain (la plupart des installations de ces applicaitions nécessite l’approbation de l’utilisateur pour s’installer)
Et la post exploitation est souvent la même:
Appel vers des sms surtaxés
Vol de données personnelles,de données bancaires (Et oui les gens payent avec leur mobile) et confidentielles
Écoutes téléphoniques
Géolocalisation des individus (Tiens tiens…) par borne GSM,GPS
Les failles sont nombreuses quelles soient applicatives ou système (lire l’article de Nicolas Ruff pour le SSTIC de 2011 sur faisant un état des lieux du sujet)
Ce petit aperçu montre donc que les téléphones mobiles sont entrain de devenir l’eldorado des développeurs de malware.
Le but était de cet article était de faire un petit rappel historique du sujet et ces grandes lignes.